Textes - Ateliers

Texte du sujet: Surnaturel, sujet 3 : "Danse macabre"

Sous les hautes futaies passe un souffle massif.
Les gouttières du temps tremblent dans la lumière
Calme, sous les chênes et les ifs.
Arrive alors l’odeur des chairs,

Lourde, fauve, planant
Jusqu’aux faîtes des cimiers
Montés sur des soldats blancs
De la couleur de mes épées,

Parfum dur, méphitique,
Rampant aux portes de la ville –
Viande crue, membres obliques
Noyés de métal et de bile.

 

Dans la passe ils ont fondu
Comme des rapaces sur un rat
Dans la passe les rapaces
Nous ont eus ;

Dans la passe les longues flèches
Ont plu droites sur nos têtes
Et les rapaces ont ripaillé
Sur les cadavres, pies-grièches

Affairées, minutieuses, à écorcher
Des mains sur des pieux brûlants,
A sculpter sur des scalps quelque image
Divine. J’attendais sous le feu du ciel.

 

L’heure vint de se repaître
Ensemble, le nez dans le sang
Caillé, par les vallées champêtres
Où j’embrassai mes liges, indécent,

Sur la blessure béante et rousse
Comme une hampe de pivoine,
J’entraînai les corps en douce
Par des pas sûrs de courtisane :

Dans les fossés de foin suri
Je chantai clair pour tout le bois :
Le Faucheur vient après la pluie,
Le Faucheur est venu pour toi !

 

J’ai senti, près de mes reins,
Le souffle lourd des chairs ouvertes :
C’était sa main blanche et sereine,
Trempée de mon sang noir enfin,

Sa main longue qui battait
La cadence d’un autre monde ;
Je me suis glissé dans ses brumes
En entrechats et pas de deux ;

Il a levé sa grande faux
Ainsi qu’un homme sur du blé
Mûr, après la pluie
D’été.

Texte du sujet: Paradis, sujet 4 : "Paradisiaque"

Il est 5h15. J'enfile ma veste, attrape mon sac à dos, et je sors en trombe de la maison pour ne pas rater le début des festivités.
La dernière fois que j'ai assisté au spectacle, j'ai senti un tel rayonnement sur mon visage, mon corps, et en moi que j'ai bien cru en mourir.
Dix kilomètres me séparent de cet endroit idyllique, et pourtant j'ai déja l'impression de pouvoir le sentir, le palper.
En montant dans la voiture, je me souviens de ma première vision de cet oasis. J'avais huit ans et mon père venait de m'offrir un vélo tout terrain, pour, disait-il, que je puisse visiter ce jardin et gouter au bonheur simple et naturel des joies de l'existence.
J'avais traversé la grande forêt, fière de mon nouveau jouet et prêt à emprunter le sentier jonché de caillasses qui me fit d'ailleurs perdre deux ou trois fois l'équilibre, pour enfin grimper les quelques mètres qui me séparaient de l'Eden...
Là, dans une euphorie proche de l'extase, au sommet de cette colline, je découvrais une étendue sauvage, fraîche et colorée. Deux aigles tournoyaient au dessus de ma tête, et les rayons du soleil venaient offrir à ce paysage un instant magique et inoubliable. Une bénédiction pour mes yeux, un salut pour mon coeur.
Ce souvenir était resté gravé jusqu'à ce jour.


Aujourd'hui j' ajoute un éclat de beauté à mes souvenirs. J' assiste au lever du soleil. J' ai de nouveau huit ans, et le paradis s'offre à moi. 

 

Texte du sujet: Paradis, sujet 3 : "Paradis artificiel"

 

 

 

Il déambule dans cette pièce qui tient lieu de salon. Il contemple ses collections et ses accumulations. Au file du temps il a amassé un trésors. Des vinyls témoins d'une époque lointaines et d'un son vivant. Des livres au sujet aussi divers et variés que l'astronomie, la poésie, le théâtres, la physique, des romances chevaleresques, des récit de sciences fiction. Tout et n'importe quoi pour vu que son esprit soit occupé.

Texte du sujet: Paradis, sujet 1 : "Les portes du Paradis"

Il avait rendez-vous au Paradis.

Avant cela, il avait constaté, une fois ce grand portail doré à l’excès franchi, qu’il fallait auparavant passer par une sorte de salle d’attente, luxueuse elle aussi, grande comme un palais, et, ici, on était censé méditer ou prier, afin de montrer pattes blanches devant les (juges ? saints ?) peu importe le nom qu’on leur choisissait, ils étaient les délégués d’un ou de plusieurs dieux, à moins qu’ils ne soient eux-mêmes des dieux. Il ne le savait pas. Il avait juste compris, à ce qui se murmurait autour de lui, qu’il passait devant une sorte de jury d’admission.

Texte du sujet: Paradis, sujet 2 : "Paradis perdu"

Bien des personnes pensent que le Paradis existe tout bonnement une fois mort et qu'on y a accès quand on a été suffisement bon.

 

Pour ma part, j'estime que, dans la plupart des cas, le paradis est la période de l'enfance. Une période innocente, douce, gaie. Ou nos actes n'ont pas de conséquences directes, papa et maman nous servent de bouclier contre ce qui pourrait souiller cet écrin de satin. Un monde candide fait de peluches et de poupées que notre imaginaire déjà sans limite faisait prendre vie et faisait vivre des aventures aussi passionnantes qu'illogiques. Au regard d'un enfant, il était tout à fait logique qu'une poupée blonde aux mensurations inhumaines chevauche un chat géant pour aller combattre un chien qui inondait la ville d'urine.

Texte du sujet: La ville - Sujet 3 : "Par la fenêtre"

Le chien aboie contre les passants et son maître contre lui. Le premier ne veut pas comprendre que les promeneurs n’empiètent pas sur son territoire, le second refuse d’admettre qu’il n’arrivera jamais à le dresser. Il rouspète, une porte claque, il est rentré chez lui. Le chien se tait enfin, les personnes doivent être passées dans l’angle mort de la maison. Maintenant, ce sont les discussions de ce groupe qui arrivent jusqu’à mon oreille. Une voix, deux, trois, quatre voix ! Ils sont donc quatre, rigolent, crient, s’insultent. On dirait qu’ils ne sont pas amis mais leurs intonations crient le contraire ; ils se connaissent depuis longtemps, trop pour prendre tout cela au sérieux. Leurs rires s’éloignent, une petite fille les salue et est saluée en retour, avec un peu de retard. Sûrement ne l’avaient-ils même pas remarquée, cette voix de quatre ou cinq ans.

 

Texte du sujet: Paradis, sujet 3 : "Paradis artificiel"

J’avalerai et, quand ce sera enfin fait, que les effets commenceront à se faire ressentir, que mon corps ne m’appartiendra presque plus et que je perdrai certaines de mes ficelles, alors tout commencera, mes sens n’en auront plus aucun. Je verrai des choses improbables et futiles, impensables. Un cosmonaute sur sa balançoire en apesanteur, une fille-chat courant sur son arbre après un lapin, une actrice jouant son rôle à la perfection dans le papier glacé d’une bande-dessinée, un militaire et son arme de pelle, un artiste dans sa tour, une maison qui gagne un étage à chaque génération, des passerelles qui amènent sur du vide, une porte donnant sur une pièce qui n’existe pas, une salle de bain rose bonbon du sol au plafond. J’entendrai aussi sûrement des choses inexistantes, des bruits silencieux et d’autres bruyants silences. Une tronçonneuse qui coupe un matelas, une boîte à musique comme instrument au conservatoire, les miaulements du chien et du lapin. J’aurai l’impression aussi, sûrement, de ne plus rien toucher, d’être dans le vide, dans l’espace intersidéral, sous l’eau et dans les airs. La gravité n’existera plus, je me sentirai bien. Les couleurs n’existeront plus, je ne serai plus visuellement agressée par les personnes qui ne peuvent accorder correctement leurs affaires. Il n’y aura plus ni matière ni anti-matière autour de moi. Plus rien n’existera, sauf moi, sauf moi dans cet infini, sauf moi relaxée. Ce sera le meilleur moment, celui où plus rien ni personne n’existe, celui où nous existons encore moins que d’habitude. Je pourrai faire toutes les figures gymniques que je veux et que je n’ai jamais sues faire. La roue autrement qu’en crapaud, la roulade en réussissant à me relever, le poirier, les saltos, marcher sur les mains. S’il y avait eu quelqu’un, j’aurais même pu frimer. Puis, tout s’arrêtera. Je reprendrai conscience de moi-même, je recommencerai à sentir toutes les odeurs autour de moi. L’herbe fraîchement coupée, la rosée du matin, les sodas, les pâtes et les pizzas, l’humidité ambiante et le manque certain de présence du Soleil qui est encore en arrêt maladie. Enfin, les goûts reviendront. La bouche pâteuse, l’eau qui arrivera jusqu’à moi sans que je ne m’en rende compte, les quelques plats réchauffés, la routine.

Polycon

 

 

Texte du sujet: Surnaturel, sujet 3 : "Danse macabre"

She is sitting un her room crying on her love for a man who never sees her. But death is charming and already in love with her...

 

 

I'm living in the darkness

waiting with my sadness

shadow is my home

i whish that he comes

 

Texte du sujet: Surnaturel, sujet 1 : "Des sirènes dans la ville"

Quarantième personne disparue depuis le début du mois...et l'enquête piétinait. J'étais touché dans mon ego de commissaire. Ego masculin ou ego de la profession ? L'un comme l'autre, rien ne me faisait percevoir autrement la situation.

Voilà un mois que notre bonne ville de Marseille était sujette à de mystérieuses disparitions avec comme seul point commun entre les victimes...à part le fait d'être humains !! Ce qui faisait de nous tous de potentielles victimes.